le café en guadeloupe

Publié le par Sylvina

Découverte du café

L’histoire du café est parsemée de légendes fantastiques issues de tous les coins du monde. La plus répandue d’entre elles vient du Yémen et raconte comment le café aurait été découvert… par des chèvres ! Un jour qu’elles broutaient sur les terres d’un monastère, leurs bergers en égara quelques unes. Quant ils les retrouvèrent enfin, les chèvres mangeaient les baies rouges d’un petit arbuste et se trouvaient dans un état d’excitation inhabituel. Mis au courant, les moines préparèrent pour eux-mêmes une infusion à base de ces petits fruits rouges et constatèrent bientôt qu’ils se trouvaient dans le même état que les chèvres. Ils prient alors l’habitude de boire cette boisson étrange qui leur permettait de prier plus longuement sans ressentir les effets de la fatigue.

Un Jour, une branche couverte de cerises se retrouva sans le feu. Constatant l’agréable odeur qui s’en échappait, un moine eut le pressentiment qu’il venait de faire une découverte. Après avoir retiré les graines du feu, il les écrasa et se prépara une infusion noire : le premier vrai café baptisé « Kawa ».

En réalité, les origines du café sont nébuleuses, empreintes des mystères des temps anciens. Quelque part entres les légendes et la réalité, on peut cependant situer la découverte du café en Ethiopie aux alentours de 2000 ans avant Jésus Christ jusqu’à 850 ans après… à l’époque, on se nourrissait ni plus ni moins du café en le transformant n une sorte de bouillie épaisse également composée de graisse animale. Les éthiopiens auraient aussi ultérieurement, découvert la torréfaction. Ils seraient donc à l’origine du café tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. Puisque le caféier poussait à l’état sauvage en Ethiopie, il a fallu attendre le passage du café au Yémen vers le 14e ou le 15e siècle pour voir apparaître une véritable culture du café. Et là c’est l’explosion ! Grâce aux caravanes, tout le monde musulman est bientôt conquis. Les voyageurs européens découvrent avec ravissement ce breuvage noir que l’on nomme « Chaubé » ou Kawa » et qui donne courage et de la vigueur d’esprit. Ils ne tarderont pas faire en sorte de pouvoir bénéficier chez eux de cette boisson exquise.
Soigneusement cultivés au Jardin Botanique d’Amsterdam, il ne fallut pas longtemps pour que le Yémen perde le monopole du café et se retrouve bientôt deuxième en terme de production. Puis le café se répandit aux quatre coins du monde. Les français implantèrent le caféier dans les Antilles en 1723.
Puis ce fut au tour des brésiliens de piller quelques graines en 1727. Les anglais implantèrent à leur tour le caféier en Jamaïque, puis ce fut Cuba, Puerto Rico, le Mexique, le Guatemala, le Costa Rica, la Colombie…

Historique de la filière en Guadeloupe:

Importé aux Antilles au 18ème siècle, le café connaît rapidement un essor considérable, et des plantations "caféières" couvrent rapidement "l’Ile aux Belles Eaux".
A la fin du 19ème siècle, ce sont prés de 4000 tonnes de café arabica qui sont exportés chaque année vers la France, ce qui représente près de 10 000 ha de caféiers!!! Pourquoi un tel engouement?
L'arabica Bourbon (Coffea arabica, variété Bourbon), cultivé en Guadeloupe, produit, aux dires des connaisseurs, l'un des meilleurs café du monde, et il servait alors, en tant que Café "Bonifieur", à améliorer les cafés sud américains en partance pour l'Europe.
Mais, l'augmentation du coût de la main d’œuvre, la concurrence des producteurs d'Afrique et d'Amérique du sud, le développement de la canne, de la Banane, ainsi que quelques cyclones particulièrement ravageurs, seront fatals dans les années 1920 à la culture du café, et si on produisait encore 600 tonnes dans les années 60, de nos jours la production est inférieure à 20 tonnes.
En 1995, est créé la Copcaf, Coopérative des producteurs de Café, qui rassemble une quinzaine de petits producteurs de la Côte Sous le Vent. Le but de cette coopérative: relancer la production locale, réorganiser la filière, et mise en place d'une unité de transformation pour lancer un café 100% Guadeloupe et contrer ainsi les torréfacteurs locaux et leur "café Guadeloupe" et la situation de monopole de certain.
Mais de nombreuses embûches ralentissent les démarches. Depuis le début des années 80, les projets de relance de l'arabica Guadeloupe ont été nombreux, mais ils se sont presque tout le temps heurtés à des problèmes d'ordres administratifs. Aujourd'hui, la COPCAF a reçu son agrément et peut prétendre à atteindre ses objectifs. Sa création devrait permettre de renforcer la filière, et le versement de subventions, aux exploitants, comme cela se fait dans de nombreuses autres filières. Le suivi technique des agriculteurs est assuré par un technicien, suivi par le CIRAD, qui s'occupera non seulement du café, mais également du cacao et de la vanille.

 
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Publié dans Guadeloupe

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